L.A. Clippers, tout à refaire une fois de plus

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Malgré un effectif de qualité, la seconde franchise de la Cité des Anges se trouve dans les bas-fonds de la Western Conférence

L’effectif constitué par les dirigeants à l’orée de la saison régulière laissait augurer d’une saison sans inquiétude pour les fans des Clippers. Aujourd’hui, au lieu d’être le prétendant aux playoffs annoncé, la franchise se traine péniblement à l’avant-dernière place de la conférence Ouest. Analyse.

 

UN EFFECTIF DE QUALITE AUTOUR DE DAVIS ET CAMBY

Flashback : Los Angeles, été 2008. Lorsque Elton Brand et Corey Maggette décident de s’envoler respectivement vers Philadelphie et Golden State, deux joueurs intègrent alors le roster des Clippers. Le premier, Baron Davis, débarque pour apporter son expérience à la mène, et un peu de l’esprit qui avait permis à ses Warriors d’éliminer les Mavericks lors des playoffs 2007. Une série durant laquelle il avait donné la pleine mesure de son talent. Le deuxième, Marcus Camby, arrive auréolé du statut de meilleur contreur de la NBA pour la troisième saison consécutive et d’un titre de meilleur défenseur obtenu lors de la saison 2006-07. Les nouvelles fondations sur lesquelles l’édifice Clippers est censé s’appuyer ont fière allure.

Autour de ces deux joueurs, on retrouve Chris Kaman, auteur d’une saison 2006/07 remarquable avec plus de 15 points et de 12 rebonds agrémentés de 2.8 contres par match. Son association avec Camby doit permettre de transformer la raquette des Clips en une forteresse imprenable. A l’aile, Al Thornton sort d’une saison rookie prometteuse et doit profiter du départ de Maggette pour faire son trou durablement dans le cinq. Aux côtés du Baron, le fraichement drafté Eric Gordon, 20.9 points au cours de son année freshman à l’université d’Indiana, et le vétéran Ricky Davis. Bref, que du beau monde supposé emmener la franchise tout droit vers les playoffs.

LA DESILLUSION

Pourtant, après seulement quelques matches en saison régulière, les résultats tombent et sont loin d’être ceux espérés. Le début de saison est catastrophique, et le bilan de deux victoires sur les quatorze premiers matchs a de quoi laisser perplexe. Pire, Kaman se blesse et ne pourra disputer plus de quinze matchs sur la saison. Mais cette blessure, aussi préjudiciable soit-elle, ne peut tout expliquer à elle seule. Comment cet effectif peut-il afficher au 2 mars 2009 un bilan de 46 défaites pour seulement 15 victoires ?

La principale défaillance des Clippers semble être du domaine du mental. En l’absence de Kaman, là où Camby affiche toujours une combativité exemplaire, les autres flanchent. Le manque de cohésion est flagrant. L’échec est aussi d’ordre individuel pour certains. Principal remis en cause, Baron Davis. L’adresse du meneur est sérieusement en berne: 36.3 % aux tirs dont 29.5% derrière la ligne des 7m24. Surtout, celui dont on attendait beaucoup en terme de leadership n’est pas au rendez-vous au niveau de l’engagement. Il donne l’impression d’avoir obtenu un gros contrat à l’intersaison sans véritable volonté de s’investir dans un réel projet sportif. Quant à l’arrière Ricky Davis, il n’inscrit plus que six petits points par match contre près de quatorze la saison précédente.

Deux joueurs donnent néanmoins satisfaction. Il s’agit d’Al Thornton et d’Eric Gordon, plus de trente points par match à eux deux. Si par le passé les dirigeants des Clippers ne s’étaient pas évertués à réduire à néant des effectifs prometteurs, on pourrait s’avancer en disant que ces deux-là représentent le futur des Clippers. Mais rien n’est moins sûr.

RANDOLPH ARRIVE, QUID DU FUTUR

Fin novembre, les Clippers accueillent un joueur au potentiel offensif impressionnant en la personne de Zach Randolph. Statistiquement parlant, son apport est indéniable, puisqu’il représente vingt-deux points pour une attaque jusqu’à lors en manque de réussite. Seulement, Big Zach, aussi talentueux soit-il, est également un caractériel renommé. Entendez par là que l’esprit d’équipe et la rigueur ne sont pas spécialement ses priorités. C’est pourtant là deux qualités qui, comme mentionné plus haut, font déjà grandement défaut côté Clippers.

Il n’y a pas si longtemps, Davis et consorts ont fourni à l’Amérique du basket une preuve que leurs défaites devaient plus à un mental défaillant qu’à un manque de talent. Ou plutôt, que lorsque le mental est au rendez-vous, de grosses performances sont possibles. En effet, le 25 février dernier, les Clippers ont pris le dessus sur les Celtics, certes privés de Garnett, mais que l’on voyait mal s’incliner face aux médiocres joueurs californiens. Ce jour-là, la défense de Los Angeles a tenu Boston à seulement 91 points, soit douze de moins que la moyenne de points concédés par match depuis le début de saison. Puis les mauvaises habitudes ont vite repris le dessus, une défaite face à Sacramento, autre cancre de la ligue, se profilant deux jours plus tard.

Ainsi, les Clippers disposent d’un effectif au potentiel remarquable. Seulement, cet effectif sera déjà en vacances quand débuteront les playoffs. Kaman reviendra la saison prochaine, ce qui n’est pas négligeable. Mais des questions se posent: Baron Davis, qui semble réellement être sur la pente descendante, aura-t-il la volonté d’inverser la tendance la saison prochaine ? Combien de temps Marcus Camby pourra-t-il encore évoluer à ce niveau ? Thornton et Gordon peuvent-ils devenir des leaders dans cette équipe ? Autant de questions dont les réponses vont conditionner l’avenir proche d’une franchise collectionnant les déceptions. A condition bien sûr que l’été à venir ne soit pas l’occasion d’un grand chambardement…