Tennis – Des tournois plus qu’il n’en faut ?

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S’il y a bien un système à propos duquel les joueurs se plaignent régulièrement chaque année, c’est bien le nombre de tournois qu’ils jouent durant l’année. Le rythme imposé fatigue et propose des tournois de fin de saison moins spectaculaires que ce à quoi l’on pourrait s’attendre de grands joueurs.

NADAL contre FERRER
Il ne suffit pas d’être classé dans les tous premiers mondiaux pour trouver que le nombre de tournois durant une année est excessif. Mais, souvent, lorsque l’on est en tête de classement, on se voit obliger de participer à un nombre de tournois. Le calendrier masculin est composé de 72 tournois (Coupe Davis compris) et celui des femmes, de 64 (Fed Cup compris). Ce nombre élevé de tournois fatigue le mental mais surtout, le physique. Non seulement, il y a un quota de tournois à respecter pour les joueurs, s’ils veulent augmenter leur chance d’approcher le classement qu’ils souhaitent car la compétition est rude, mais aussi que certains de ces tournois leur sont imposés.

Première solution : la désertion de certains tournois de tennis

Les meilleurs sont souvent sous pression car ils doivent conserver une cadence élevée pour rester au top niveau et avoir une bonne constance à chaque tournois. Ce sont eux que les organisateurs de tournois attendent avec impatience pour assurer l’ambiance et le succès du tournoi. Souvent en fin de saison, les premiers mondiaux désertaient certains tournois pour pouvoir disputer au mieux la Masters Cup qui réunit les 8-9 premiers joueurs du Monde. Ce problème de désertion, le Masters de Paris-Bercy, tournoi ATP, placé à une semaine de de la Masters Cup (à Shanghaï cette année comme l’an dernier), l’a connu de nombreuses années. Le tournoi qui fêtait ses 20 ans d’existence l’an dernier n’a pas eu la joie d’avoir la participation de Roger Federer, Rafael Nadal (n°1 et 2)… Pour remédier à cela, l’édition 2007 (29 octobre-4 novembre) a dû prendre de nouvelles mesures. « Attirer les meilleurs joueurs » était là la seule préoccupation des organisateurs du tournoi, Cédric Pioline et Jean François Caujolle. Alors, la machine à innover a été lancée avec pour première mesure, celle de changer la surface de Bercy afin de la rendre un peu plus lente pour diminuer les risques de blessures avant leur participation à la Masters Cup. Ensuite, il a été mis en place l’obligation de participer à 8 Masters dans l’année, parmis lesquels celui de Madrid et de Paris-Bercy. Les deux premiers au classement mondial se partagent une dote de 3 millions de dollars s’ils participent au tournoi. Ils ont beau être des professionnels et être capable d’accumuler beaucoup de matchs (pour certains, plus de 90 matchs en fin de saisons), ce ne sont pas des machines et la fatigue est bien réelle, qu’elle soit physique ou mentale.

Deuxième solution : participer quand même en étant diminué

Généralement, il ne faut pas s’étonner de voir apparaître certaines « surprises » en fin d’année ( des victoires « surprises »). Des joueurs plus frais physiquement arrivent à se hisser en tête de tournois. Par exemple, les exploits de David Nalbandian cette fin d’année qui bat par deux fois Roger Federer aux deux derniers Masters Series de l’année qu’il remporte successivement ( Madrid et Paris-Bercy ). Nul doute que pour en arriver là, l’Argentin, sans contester son talent et son incroyable évolution, a joué presque moitié moins de matchs que le n°1 mondial. Dommage pour lui qu’il se soit réveillé trop tard pour gagner une place pour la Masters Cup. Avec ces exploits, il échoue malheureusement aux portes de cette Masters Cup et a d’ailleurs refusé de jouer les remplaçants en cas de nécessité (comme ce fut le cas de Marion Bartoli qui a dû remplacer une Serena Williams blessée). Et puis, cette fin de saison est aussi le temps des blessures. Beaucoup sont blessés ou les corps sont usés, fatigués, las. Il faut regarder certaines déconvenues à la Masters Cup, par exemple, pour s’apercevoir que les joueurs jouent bien mais sans performances spectaculaires ou alors pas au niveau qu’ils nous ont montré tout au long de l’année (cf la défaite de Federer -une nouvelle fois- face à Gonzalez, celle de Nadal face à Ferrer, et encore plus étonnant, les deux défaites éliminatoires de Djokovic, lui privant d’une demi finale à la Masters Cup…). Ce sont les signes d’une année peut-être riche en nombre de tournois et surtout, qu’il est temps de prendre du repos. Patience, messieurs! Les vacances sont proches…