Retour sur le nageur Popov

Alexandre Popov : avec une carrière internationale s’étendant sur plus de 13 ans, il a posé durablement son empreinte sur le 100 nage libre et sur la nage libre en général.

popov

L’entraînement du nageur

Popov est un bourreau d’entraînement, il reste jusqu’à 6h par jour dans l’eau, pouvant faire de 80 à 90km par semaine, ce qui est énorme pour l’époque et pour un sprinteur pur. Grâce à cela, il aura tout au long de sa carrière un finish solide, le sauvant de situations pouvant paraître désespérées, en gardant une technique de nage parfaite jusqu’à la fin, là où ses adversaires se désunissent un peu, perdant quelques précieux centièmes même s’il avait déclaré que les 15m derniers mètres étaient horribles qu’il préférerait “se trouver n’importe où ailleurs” lors de la fin d’une course tant la douleur est intense.

La technique

Popov a une nage parfaite. Il est, à l’instar d’un Federer au tennis ou d’un Bubka à la perche, un joyau pur. Il semble avoir été créé pour nager. Popov est l’exemple montré dans les écoles de natation. Il a toujours recherché un mouvement parfait, une nage économique, souple, exempte de tout mouvement parasite. Là ou certains ramènent le bras tendu à l’extérieur de l’eau (Klim, Nystrand) lui le ramène coude haut, l’avant bras relâché. Il s’est aussi démarqué par une recherche d’une fréquence basse en sprint, valorisant la glisse et l’efficacité du mouvement. En 2003 dans la finale du 100m, il fait 28 mouvements à l’aller et 34 au retour contre 34 et 40 pour VDH. Popov est aussi doté d’un battement de jambes ultra-efficace, essentiel pour la vitesse et les fins de course quand les bras sont tétanisés. Le Russe perfectionnera jusqu’à son arrivée, en faisant sur une ondulation le dernier mouvement, gagnant alors quelques précieux centièmes. Il est aussi aidé par une taille de 1m97, néanmoins assez classique à ce niveau.

Les adversaires

Popov n’aura de cesse de battre les Américains sur 100m, d’abord Biondi puis Hall. Il avait dit ne vouloir prendre sa retraite que quand un européen serait capable de battre les Américains. Bien que les respectant beaucoup (en particulier VDH), Popov n’hésitera pas à entrer dans une guerre psychologique avec eux comme à Atlanta ou après où il avait déclaré que Hall faisait partie d’une famille de loosers (Hall Sr n’a jamais eu l’or olympique). Il est néanmoins quelque peu revenu sur ces propos plus tard, affirmant qu’il avait de l’admiration pour ses adversaires pour les souffrances qu’ils devaient s’infliger eux aussi pour atteindre ce niveau.

Les héritiers

Popov et Touretski ont tant fait progresser la technique et l’entraînement en général pendant ces 13 ans de haut niveau qu’une quantité très importante d’entraîneurs et de nageurs, de tous niveaux, s’en sont inspirés. Aujourd’hui, un de ceux dont la technique rappelle le plus celle de Popov de par son efficacité et son relâchement est le français Amaury Leveaux. Arrivé à la natation sur le tard, il semble avoir cette même capacité à glisser sur l’eau.