France – Ecosse : préparation coupe du monde 2002

En l’espace d’une mi-temps fantastique, les champions du monde ont tutoyé la perfection en marquant quatre buts somptueux et effacé les derniers doutes qui flottaient sur eux après la blessure de Robert Pires. A deux mois de la Coupe du monde, les Bleus semblent invincibles.

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Le forfait de Robert Pires pour le Mondial 2002 avait semé le doute dans la maison bleue mais en l’espace d’une mi-temps fantastique, les champions du monde ont mis un point final aux inquiétudes des observateurs à deux mois du match d’ouverture de la Coupe du monde face au Sénégal. Passée l’inquiétude de la première minute, marquée par une cagade de Barthez, surpris par un faux rebond après une passe en retrait de Desailly, les Bleus ont offert un feu d’artifice au public ingrat du Stade de France qui a gâché une partie de la fête en sifflant Christian Karembeu à chacune de ses touches de balle, après son entrée en jeu en seconde période. Une fausse note dans un récital orchestré par Zidane.

Le meneur de jeu du Real, habituellement épaulé par Pires à droite, a éclaboussé ce match déséquilibré de sa classe. Son aisance technique, son sens de l’anticipation sur chaque dribble et sa conduite de balle fluide et soignée ont écoeuré une équipe écossaise rapidement menée par un but fantastique du maître de cérémonie, auteur d’une reprise de volée puissante et limpide au ras du poteau droit de Sullivan (11e). Comme souvent, la simplicité de son jeu a inspiré ses partenaires offensifs qui ont tutoyé la perfection en fin de seconde période, notamment durant la longue séquence de jeu à une touche de balle qui a laissé les coéquipiers de Lambert dans une impuissance désarmante avant la pause.

Simplicité et efficacité, les maîtres mots

Avec Trezeguet seul en pointe, soutenu par Henry et Wiltord, Lemerre a trouvé la formule gagnante, celle qui devrait ouvrir le Mondial dans quelques semaines. Malgré l’absence de Thuram, les latéraux ont aussi apporté de l’eau au moulin bleu en multipliant les débordements, à l’image de Lizarazu, auteur d’une passe lobée pour Trezeguet sur le second but (23e). Et quand Wiltord se fend d’une accélération sur la droite et d’un centre en retrait, c’est Henry qui fait l’effort pour reculer de deux pas et placer une frappe magistrale en pleine lucarne malgré son déséquilibre arrière (33e). Un grand frisson entretenu par Vieira et sa longue chevauchée, conclue par un tir malicieux de Trezeguet (42e).

Quand les Bleus empilent froidement les buts avec élégance et efficacité, comme face au Portugal la saison passée, le match peut prendre des tournures surréalistes. Durant ces cours instants de perfection, rien ne pourrait surprendre un public sous le charme, pas même un tir foudroyant d’Henry qui transformerait la balle en boule de feu comme dans les mangas japonais, tant cette équipe semble capable de tout dans un éclair de créativité et de génie. Et quand les doublures prennent exemple sur les cadres, comme Carrière et Marlet sur la splendide action finale (87e), le titre de champion du monde, que les Bleus remettront bientôt en jeu, semble appartenir à l’équipe de France pour toujours… sauf que s’en vient la déroute de la coupe du monde 2002